Plus loin que les faits23mai 2002
Les 10 objectifs prioritaires des communistes
La droite dit qu'elle a compris le message des français, mais elle s'apprête à mettre en œuvre un programme qui n'a rien à voir avec nos attentes. Les députés communistes ne soutiendront que les lois qui sont vraiment à gauche, et proposent dix objectifs prioritaires pour les cinq ans à venir afin de rompre avec le libéralisme et rendre le pouvoir au peuple.
1 - Chômage, tolérance zéro : interdire les licenciements boursiers.
Dans un monde dominé par l'argent, où les profits des actionnaires comptent plus que la vie des travailleurs, il faut tout de suite donner plus de pouvoirs aux salariés dans les entreprises, en encadrant et en s'opposant aux licenciements économiques de façon à faire prévaloir d'autres solutions pour l'emploi. C’est ce qu’avaient obtenus les députés communistes, avec la loi de modernisation sociale, qui a été censurée par le Conseil Constitutionnel. Dans la législature à venir, il faudra que la justice l’emporte !
2 - Le travail ne doit plus être une marchandise : institution d'un système de Sécurité d'emploi et de formation.
Le chômage n’est pas une fatalité. Arrêter les plans sociaux c’est bien, mais garantir à chacun une vraie activité, c’est mieux. Il faut instaurer graduellement un véritable système de sécurité d'emploi et de formation (et pas seulement un "crédit-formation" comme le veut la droite) pour que tout au long de sa vie, avec la garantie d'un bon revenu et de droits élevés, chacune, chacun puisse alterner entre emploi stable correctement rémunéré et formation pour un meilleur emploi. Pour cela, tout de suite, plusieurs chantiers peuvent être ouverts et des lois déposées contre la précarisation, pour l'accès à l'emploi et à la formation des chômeurs, pour une autre organisation des 35 heures notamment.
3 - Reconnaissance de celles et ceux qui travaillent, inventent, créent : relever les salaires en portant le SMIC à 1372 euros bruts ( 9000 francs).
Tous ceux qui travaillent, hommes et femmes, doivent être également reconnus, respectés et rémunérés correctement. Nous voulons une société du juste partage des richesses, où la rétribution du travail et des talents supplanterait celle des nantis.
Oui, il faut augmenter les bas-salaires tout de suite. Le SMIC doit passer, d'ici la fin de législature à venir, à 1372 euros bruts (9000 francs).
Oui, il faut une réforme de la fiscalité qui s’attaque aux impôts indirects (la TVA et les taxes sur les produits pétroliers), les plus injustes, et qui mettent les plus riches à contribution, avec le doublement de l'impôt sur la fortune et la mise à contribution des revenus financiers du capital.
Oui, une nouvelle fiscalité des entreprises doit chercher à dissuader la croissance financière de leurs profits et à encourager les investissements les plus créateurs d'emplois et de formation (modulation de l'impôt sur les sociétés, réforme de la taxe professionnelle, appel au crédit plutôt qu'à la bourse). Tout le contraire de ce que veut faire la droite !
4 - Exclure toutes les exclusions : augmenter les minima sociaux en favorisant pour leurs titulaires le retour volontaire à l'emploi et à la formation choisis.
Trop de nos concitoyens sont laissés sur le côté. La misère gangrène nos villes, pourrit nos campagnes. Pourtant, ce n'est pas une fatalité. La France est riche, elle a les moyens de garantir à tous, le minimum nécessaire pour vivre correctement.
En convertissant les minima sociaux en soutien à l'accès à l'emploi toutes celles et tous ceux qui touchent le RMI et l’ASS se verraient proposer un emploi ou une formation de longue durée rémunérée, qui augmenterait substantiellement leurs revenus. Avec ce système, il n'y aurait plus de minima sociaux en dessous du seuil de pauvreté et chacun pourrait, vite et vraiment, sortir de la spirale du chômage et de l'exclusion.
En allouant une allocation de 700 euros à tous les dix-huit/vingt-cinq ans, les jeunes seraient soutenus au moment de leur entrée dans la société.
En fixant le montant des retraites à 75 % du salaire des dix meilleures années après 37,5 annuités de cotisations et en garantissant le système par répartition, la société assurerait la solidarité entre générations.
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